24 Heures

21.05.2008

Valais SOUTIEN AUX ENTREPRISES : Promotion Économique au bon rythme

SOUTIEN AUX ENTREPRISES Le Centre valaisan de compétences financières a cautionné plus de 18 millions de francs en 2007. Il vise les 40 millions en 2008. A la conférence de presse du Centre de compétence financière, Chiara Meichtry, Albert Bass, Eric Bianco et André Premand. Le Nouvelliste

Emmené par le président Albert Bass, le vice-président André Premand et le directeur Eric Bianco ont présenté le quatrième exercice du Centre de compétences financières SA (CCF SA). Il s'agit de la société qui réunit les différentes activités de la promotion économique valaisanne. Ses services vont des conseils et des évaluations financières au Club valaisan des Business Angels. CCF prend également des participations et pratique des prêts actionnaires. La société cautionne des crédits bancaires, des leasings et des garanties bancaires. Elle distribue des subventions et dirige les opérations de l'Office cantonal de cautionnement (OVAC). Enfin, elle dirige les activités opérationnelles de Genilem Valais.

Portail unique

Pour la première fois, on a présenté officiellement le fameux portail de la promotion économique valaisanne, le Centre de contact économique dirigé par Chiara Meichtry. Ce guichet centralisé, rattaché au Département de l'économie, chapeaute l'ensemble des organisations privées ou étatiques, que ce soit Genilem Valais pour l'éclosion de nouvelles entreprises, The Ark pour le développement des technologies, les antennes économiques du Haut-Valais et du Bas-Valais, le CCF SA ou encore les régions socio-économiques.

Albert Bass assure qu'une organisation telle que le CCF n'existe dans aucun autre canton. Elle se comporte comme une véritable SA qui distribue des dividendes.

Dividende de 4%

Au cours du quatrième exercice comptable, le CCF SA a pu présenter un bénéfice net de 120 000 francs et distribuer un dividende de 4% à ses actionnaires B, c'est-à-dire les institutionnels participant à la capitalisation du fonds d'investissement. CCF SA est un partenaire de l'Etat du Valais, doté d'un contrat de prestations. Il a notamment permis de limiter les effets négatifs de l'abandon de l'ex-arrêté Bonny.

«En 2007, plus de 800 000 francs ont été versés directement aux entreprises dans le cadre de cofinancements ou de prises d'intérêts», précise Eric Bianco. Ces montants, versés à fonds perdus par le canton du Valais, permettent aux entreprises d'entreprendre des études spécifiques avant de réaliser des investissements (cofinancements) ou de diminuer le coût de leur emprunt bancaire (prises en charges d'intérêts).

30 millions investis

En 2007, CCF SA a induit plus de 30 millions de francs d'investissements, qui ont concerné 232 emplois en Valais. En termes de fonds propres, CCF a décidé la prise de participation dans dix entreprises valaisannes, par le biais de son fonds d'amorçage (250 000 francs) et de son fonds d'investissement (1,34 million).

2007 ayant été l'année de la confirmation avec des revenus de 1,5 million et des charges d'exploitations de 1,4 million, 2008 sera certainement marquée, selon Eric Bianco, par un regain d'intérêt pour le cautionnement. Et ici, la marge de progression est énorme. Ces cautionnements ont totalisé 18,5 millions en 2007 et ils ont un potentiel de 40 millions en 2008.

Concernant les subventions, CCF veillera à redistribuer de façon adéquate le million de francs à disposition. Les demandes en fonds propres, eux, ont l'air de se stabiliser. Enfin, le CCF cherchera à développer son secteur des expertises financières.

Source : Le Nouvelliste 

04.04.2008

Ospel parti, il reste la crise

Source : Article de swissinfo, Carole Wälti

La presse suisse commente le grand ménage effectué par UBS en multipliant les points d'interrogation. Les éditorialistes saluent le départ de Marcel Ospel, mais font surtout preuve d'une certaine inquiétude quant à l'avenir de la première banque helvétique.

«UBS a-t-elle enfin touché le fond?», cette question posée par Le Temps résonne dans toute la presse helvétique au lendemain de la série d'annonces choc faites mardi par UBS, fleuron de la place financière suisse.

Perte de 12 milliards de francs suisses au 1er trimestre, nouveaux amortissements à hauteur de 19 milliards sur le marché américain des hypothèques à risques, nouvelle augmentation de capital de 15 milliards et départ du président du conseil d'administration Marcel Ospel. La journée de mardi restera dans les annales de l'histoire bancaire du pays.

Et 24 Heures de renchérir: «Quand UBS, premier établissement bancaire suisse, va-t-il sortir du trou?» Aucun éditorialiste ne va toutefois jusqu'à prédire la disparition de l'établissement bancaire, la plupart mettant en avant sa solidité.

Des doutes sur l'avenir

«UBS ne sombrera pas. Car la plus grande partie de son activité est saine et promet encore de beaux rendements», souligne ainsi le Bund de Berne. Mardi, la Bourse suisse est allée dans la même direction: l'action UBS y a bondi de 12%. Un signal que le quotidien bâlois Basler Zeitung interprète positivement.

Mais les doutes sont partout présents. «Une troisième augmentation de capital ne sera pas nécessaire, clament les pontes d'UBS. Mais personne ne peut donner de garantie à ce sujet», fait ainsi remarquer le Bund.

Scepticisme également du côté de la Tribune de Genève, qui estime que «le nouveau plan de recapitalisation et le tour de passe-passe qui vise à isoler artificiellement les activités d'investissement aux Etats-Unis, pour rendre sa brillance à la marque UBS, constituent tout sauf des gages d'assainissement».

Parmi les mesures prévues, UBS a en effet également annoncé la création d'une unité distincte pour les positions liées à l'immobilier américain. «Cosmétique», affirme le Bund, là où la Basler Zeitung salue une mesure susceptible de rétablir la confiance.

Un digne successeur?

Le retrait de Marcel Ospel fait en revanche l'unanimité. De la Berner Zeitung qui titre sur le «Grounding de Marcel Ospel» à la Tribune de Genève qui estime qu'il s'agit de «la seule bonne nouvelle de la sombre journée d'hier», les journaux soulignent la nécessité de ce départ.

La sortie «pitoyable», comme la qualifie Le Temps, de Marcel Ospel laisse la place à Peter Kurer. Les journaux relèvent généralement à son propos que ce juriste est un homme du sérail et surtout un homme de transition.

Grâce à ses compétences, il pourrait sortir UBS de la crise, admet la Berner Zeitung. Perplexe, la Tribune de Genève estime au contraire que là où «il fallait un spécialiste de la finance, capable de dénouer l'écheveau d'une crise hautement complexe, la banque désigne un juriste à la hâte.»

Le Corriere del Ticino y voit quant à lui une volonté stratégique. «Après les aventures périlleuses des 'hommes du marché', voici venu le temps des hommes de loi, capables de se confronter aux nouvelles règles édictées par des autorités de surveillance qui vont devenir de plus en plus sévères», écrit le journal tessinois.

Impact sur le pays

Nombreux sont les commentateurs à s'intéresser également à l'effet de cette crise sur la conscience collective helvétique. Car les mauvaises nouvelles émanant du secteur bancaire rappellent immanquablement la débâcle de la compagnie nationale d'aviation en 2001.

«Ce n'est pas Swissair bis», assure toutefois 24 heures, tout en soulignant que «cette crise aura un impact sur la Suisse. Fiscalement, et sans doute aussi au niveau de l'emploi». Le journal zurichois Tages Anzeiger se préoccupe lui des conséquences pour la place financière helvétique.

Les journaux romands se montrent par ailleurs critiques quant aux instances fédérales. Le Temps par exemple juge que l'aveu de quasi-impuissance de la Commission fédérale des banques (CFB) constitue un «événement» plus marquant que les annonces choc d'UBS.

De son côté, la Tribune de Genève fustige les déclarations «sidérantes» du ministre des Finances Hans-Rudolf Merz. «A la radio, ses remerciements à Marcel Ospel pour son formidable travail de redressement frisaient l'indécence, tandis que, dans nos colonnes, son optimisme béat sur l'avenir est bien plus irritant qu'apaisant», note l'éditorialiste.

Pour Le Temps, les difficultés d'UBS ont néanmoins une vertu: elles offrent à la Suisse l'occasion de réaliser «au plus profond de ses tripes la fragilité d'un système bancaire où deux géants pèsent d'un poids sans égal au monde sur le produit intérieur brut».