Immobilier: l’économie lémanique en danger La très forte demande de logements née de la vigueur économique du bassin valdo-genevois n’arrive pas à être comblée. Conséquence: les loyers grimpent. Une situation alarmante qui, à Genève, commence à rebuter entreprises et étudiants.
Le dynamisme de l’
arc lémanique sera-t-il stoppé par le manque de terrains nécessaires à l’accueil de la population? La question frise la provocation, mais n’est pas dénuée de fondement. «La situation sur le marché de la location est tellement tendue, à
Genève surtout mais aussi dans tout le
bassin du Léman, que le développement économique pourrait être en danger si l’on ne construit pas rapidement de nouveaux logements», admet Olivier Feller, secrétaire général de la Fédération romande immobilière.
Le Vaudois ne croit pas si bien dire: dans une conjoncture euphorique, Genève a déjà perdu des plumes.
«C’est vrai, certaines entreprises potentiellement intéressées par la région préfèrent s’installer ailleurs. Simplement parce que, sur huit ou dix critères, celui consacré au logement des employés n’est pas rempli», confirme Thierry Barbier-Muller, PDG de la
Société privée de gestion (SPG) et président de la
Chambre immobilière genevoise. Un exemple? «Le géant de la nutrition Kraft qui a préféré s’implanter à Zurich. Je ne sais pas s’il y en a d’autres. Mais il est probable que certains groupes n’étudient même pas le dossier. A Genève, il y a certes un aéroport, des école privées et une fiscalité attrayante, mais cela ne suffit plus.»
Autre indice concret: «Certains étudiants renoncent à un échange universitaire en raison du manque de logements. C’est un symptôme qui ne trompe pas», regrette Carlo Sommaruga, conseiller national genevois et secrétaire général de l’Asloca, l’association suisse des locataires.
A consulter:
www.asloca.ch