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06.06.2008

Suisse : faible croissance, inflation revue à la baisse

La semaine écoulée a permis de mesurer concrètement l'impact du ralentissement conjoncturel évoqué depuis des mois en Suisse. Le produit intérieur brut (PIB) a stagné au 1er trimestre (avec un +0,3%) et l'OCDE a revu à la baisse ses prévisions. Sans oublier l'inflation.

L'atterrissage se révèle ardu pour une économie helvétique qui sort de deux années quasi euphoriques avec des taux de croissance de 3,2% en 2006 et de 3,1% en 2007. Et le coup de frein subi entre janvier et mars de cette année, puissant mais pas catastrophique selon les observateurs, laisse présager de prochains mois difficiles.

L'économie mondiale, en particulier les Etats-Unis et la zone euro, est confrontée au double impact de la persistance de la crise sur les marchés financiers et de la flambée des prix du pétrole. Dans ce contexte, la Suisse doit composer, momentanément du moins, avec une contraction de ses exportations de biens et services.

Le secteur financier, qui représente un dixième de l'économie du pays, est à la peine aussi après les déboires des grandes banques, l'UBS avant tout, face aux ravages de la crise du crédit immobilier américain. Sa contribution au PIB a reculé de 2,1% au premier trimestre (par rapport au précédent), une première en cinq ans.

En plus du ralentissement conjoncturel, la Suisse doit encore affronter un niveau d'inflation plus jamais atteint depuis près de quinze ans. En mai, le taux de renchérissement exprimé en rythme annuel s'est fixé à 2,9%, sous l'effet de la poussée des prix des carburants automobiles et du mazout.

Les répercussions du doublement du prix du baril de pétrole en un an, au niveau record de 130 dollars, devraient commencer à peser sur le budget des ménages, du moins ceux qui possèdent les revenus les plus modestes. Le phénomène devrait se prolonger quelques mois avant que son impact statistique (effet de base) ne s'atténue.

Dans le sillage de ces mauvais indicateurs, l'Organisation de développement et coopération économiques (OCDE) est venue doucher les espoirs d'un redressement à court terme. Ses experts ont revu en nette baisse leurs prévisions de croissance du PIB helvétique pour 2009, la réduisant à +1,4% contre 2% il y a six mois.

La Suisse n'est pas seule à vivre un ralentissement économique. L'OCDE part du principe que le phénomène va se généraliser. Selon elle, le gros de la crise du crédit est probablement passé, mais ses conséquences "se feront ressentir pendant encore longtemps" et "de nouvelles perturbations ne peuvent être exclues".

C'est dans ce contexte que la Banque nationale suisse livrera dans deux semaines sa prochaine appréciation. La BNS devrait maintenir sa politique inchangée, "au moins jusqu'en septembre", estiment les économistes dans leur majorité. L'inflation est certes bien présente, mais moins problématique que dans la zone euro.

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